La charge de la performance

Plus l’effort pour accomplir la tâche est grand, moins la tâche a une chance d’être accomplie avec succès.

La charge de la performance est le degré d’activité mentale et physique requis pour accomplir une tâche. Si la charge est importante, le temps et les erreurs de la performance augmentent et la probabilité d’accomplir la tâche avec succès diminue. La charge de la performance se divise en deux types : la charge cognitive et la charge cinétique.

La charge cognitive est la quantité d’activité mentale – perception, mémoire, solution de problème – requise pour accomplir la tâche. Par exemple, les premiers systèmes informatiques demandaient aux utilisateurs de se souvenir d’un grand nombre de commandes et de les entrer dans le système de façon spécifique. Le nombre de commandes qui devaient être mémorisées était une charge cognitive pour la tâche. L’apparition des interfaces graphiques a permis aux utilisateurs de parcourir et sélectionner les commandes grâce aux menus plutôt que de s’en rappeler de mémoire. Cette réduction de la charge cognitive a grandement réduit l’effort mental pour utiliser les ordinateurs. Ces derniers ont ainsi pu devenir un marché de masse. Les stratégies générales pour réduire la charge cognitive incluent minimiser le bruit visuel, découper l’information qui doit être apprise, utiliser des aides mémoires ou encore automatiser les calculs et les tâches demandant beaucoup de mémorisation.

La charge cinétique est le degré d’activité physique – nombre de mouvements ou quantité de force – requis pour accomplir la tâche. Par exemple, le télégraphe permettait aux gens de communiquer des lettres à travers une série de frappes sur une armature métallique. Le nombre de frappes pour communiquer un message était la charge cinétique de la tâche. Samuel Morse a créé le code Morse pour minimiser la charge kinétique en assignant les codes les plus simples aux lettres les plus fréquentes. Cette approche a permis de réduire les temps de transmission et le taux d’erreur. Les stratégies générales pour réduire la charge cinétique incluent réduire le nombre d’étapes requises pour finaliser la tâche, minimiser la gamme de mouvements et les trajets ou encore optimiser les tâches répétitives.

De nombreux exemples peuvent se retrouver dans notre vie de tous les jours : du favoris de votre navigateur permettant d’éviter de vous souvenir ou de noter les sites qui vous intéressent (diminution de la charge cognitive) à la clé de voiture électronique (diminution de la charge cinétique) en passant par le code de barre qui permet d’éviter l’étiquetage manuel, d’entrer le prix à la main pour la caissière et l’inventaire automatique.

Texte traduit provenant de Universal Principles of Design

Cette entrée a été publiée dans Notes de lecture, et marquée avec , , , le par .

À propos Yannick Grenzinger

Je m'intéresse à l'ergonomie depuis plus de 6 ans. Mon diplôme d'ingénieur obtenu j'ai décidé d'effectué un Master Recherche avec spécialité technologie de l'information. J'ai pu suivre de nombreux cours sur l'ergonomie qui m'ont offert une vision générale ainsi que des méthodologies. J'ai ensuite travaillé sur différents projets ou j'ai eu l'occasion de voir les lacunes de la vision de l'ergonomie. Avec la révolution du Web 2.0, de l'Iphone, l'arrivée massive de la mobilité, de la réalité augmentée et des interfaces tactiles, j'ai pris conscience de l'importance de cette connaissance et j'ai décidé de lancer le site UX-FR.

2 réflexions sur « La charge de la performance »

  1. Robin Azéma

    Avec l’expérience, tu dirais que malgré une forte charge cognitive un système (site web par exemple) peut fournir une expérience utilisateur satisfaisante ou la charge cognitive a-t-elle tendance à prendre le pas sur le reste ?

  2. Yannick Grenzinger Auteur de l’article

    Je ne comprends pas tout à fait la question mais je vais essayer de répondre 🙂
    Comme le présente Donald Norman dans The design Everyday Things (résumé ici http://ux-fr.com/2010/05/13/resume-du-design-of-every-day-things-de-donald-norman/), il y a la connaissance du système dans la tête et dans notre environnement.

    La connaissance dans notre tête, c’est à dire la connaissance de l’utilisation d’un produit par exemple les commandes ou les raccourcis clavier, est une charge cognitive. Cependant cette charge cognitive permet à un expert d’utiliser très efficacement le produit en particulier si celui-ci est complexe.

    L’intéret du travail de design est quand même de réduire au maximum la charge cognitive afin de faciliter pour tout le monde l’utilisation du système. Un trader par exemple doit garder le maximum de « charge cognitive » sur son métier : prendre les meilleurs positions sur le marché. Comment réduire cette charge cognitive ? En déportant la connaissance du système de la tête vers l’environnement / le produit grâce à des icones, des labels, des menus, etc …

    On peut prendre aussi l’exemple ludique du moment Starcraft 2 : le joueur débutant ou moyen jouera uniquement avec la souris en regardant les icones des batiments ou des unités à construire. L’expert multijoueur, s’il veut rivaliser face à ses adversaires, de connaitre l’ensemble des raccourcis claviers pour maximiser la rapidité de ses actions. En fait on pourrait dire qu’il augmente la charge cognitive pour diminuer sa charge cinétique 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *